{"id":1430,"date":"2010-07-13T00:54:52","date_gmt":"2010-07-12T22:54:52","guid":{"rendered":"http:\/\/julietterobert.com\/blog\/?p=1430"},"modified":"2011-08-06T02:44:51","modified_gmt":"2011-08-06T00:44:51","slug":"elle-et-lui","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/julietterobert.com\/blog\/2010\/07\/13\/elle-et-lui\/","title":{"rendered":"Elle et Lui"},"content":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai pouss\u00c3\u00a9 la porte de l&rsquo;appartement et je suis rentr\u00c3\u00a9e dans le vestibule aux allures de biblioth\u00c3\u00a8que. Il se tenait devant une platine vinyle \u00c3\u00a0 l&rsquo;entr\u00c3\u00a9e du salon. Il a sourit : \u00ab\u00a0Tu connais The Coasters ?\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; Non, j&rsquo;ai r\u00c3\u00a9pondu, je crois pas.<br \/>\n&#8211; Attends, tu vas reconna\u00c3\u00aetre.<br \/>\nLa bande-son fifties doo wop a r\u00c3\u00a9sonn\u00c3\u00a9 dans l&rsquo;appartement, et effectivement, j&rsquo;ai reconnu.<br \/>\nJe suis entr\u00c3\u00a9e dans la petite cuisine d\u00c3\u00a9fra\u00c3\u00aechie et charmante, o\u00c3\u00b9 elle m&rsquo;a accueillie avec un grand sourire : \u00ab\u00a0J&rsquo;ai fait des p\u00c3\u00aaches cuites, tu en veux ?\u00a0\u00bb<br \/>\nJ&rsquo;ai acquiesc\u00c3\u00a9. \u00ab\u00a0Assieds-toi alors, tu vas go\u00c3\u00bbter \u00c3\u00a0 ma grande cuisine.\u00a0\u00bb Elle est partie de son rire lumineux. C&rsquo;\u00c3\u00a9tait contagieux. Le disque des Coasters tournait toujours. Il est entr\u00c3\u00a9 dans la cuisine et m&rsquo;a traduit les paroles, tr\u00c3\u00a8s ironiques. Debout, elle fredonnait en mangeant ses p\u00c3\u00aaches au yaourt. Il s&rsquo;est fait un milkshake aux fruits en continuant \u00c3\u00a0 me traduire les paroles. Puis elle m&rsquo;a racont\u00c3\u00a9 les cassettes des soir\u00c3\u00a9es dans leur maison du Vermont impossible \u00c3\u00a0 chauffer, o\u00c3\u00b9 le seul moyen d&rsquo;avoir un peu de chaleur \u00c3\u00a9tait de danser. Elle a rit \u00c3\u00a0 nouveau en fredonnant <em>Poison Ivy<\/em>, en dansant un peu, pendant qu&rsquo;il buvait son milkshake en souriant. Le ventilateur \u00c3\u00a0 la fen\u00c3\u00aatre ronronnait, l&rsquo;air ti\u00c3\u00a8de se m\u00c3\u00a9langeait au souffle de gait\u00c3\u00a9 qui semblait les suivre au moindre de leurs mouvements.<br \/>\nElle s&rsquo;est \u00c3\u00a9clips\u00c3\u00a9e pour se changer, il est revenu dans la cuisine avec un album de Robert Crumb. On a rigol\u00c3\u00a9 en regardant ses dessins de Harlem. Elle est r\u00c3\u00a9apparue \u00c3\u00a0 la porte, pr\u00c3\u00aate \u00c3\u00a0 partir.<br \/>\nAssise \u00c3\u00a0 la petite table de leur cuisine new-yorkaise, je les ai observ\u00c3\u00a9s attentivement, un gros sourire accroch\u00c3\u00a9 aux l\u00c3\u00a8vres, en essayant de ne pas en perdre une miette. J&rsquo;aurais pu les photographier, elle dans sa robe beige et brune et son sourire infectieux, lui en pantalon de velours et chemise blanche en lin et son humour pince-sans-rire.<br \/>\nIls \u00c3\u00a9taient dr\u00c3\u00b4les, ils \u00c3\u00a9taient beaux, ils s&rsquo;aimaient, c&rsquo;\u00c3\u00a9taient mes cousins <em>des Am\u00c3\u00a9riques<\/em> et \u00c3\u00a0 cette minute, j&rsquo;ai eu cette pens\u00c3\u00a9e fugace, <em>j&rsquo;aurais d\u00c3\u00bb les photographier, mais comment capture-t-on la magie ?<\/em>, et \u00c3\u00a0 cet instant, j&rsquo;ai regrett\u00c3\u00a9 que \u00c3\u00a7a soit d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 mon dernier jour avec eux.<\/p>\n<p>[dewplayer:http:\/\/uncover.free.fr\/zix\/poisonivy.mp3]<br \/>\n<em>The Coasters &#8211; Poison Ivy<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai pouss\u00c3\u00a9 la porte de l&rsquo;appartement et je suis rentr\u00c3\u00a9e dans le vestibule aux allures de biblioth\u00c3\u00a8que. 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