{"id":1250,"date":"2009-07-02T02:05:11","date_gmt":"2009-07-02T00:05:11","guid":{"rendered":"http:\/\/julietterobert.com\/blog\/?p=1250"},"modified":"2011-08-06T19:05:11","modified_gmt":"2011-08-06T17:05:11","slug":"bribes-du-bout-du-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/julietterobert.com\/blog\/2009\/07\/02\/bribes-du-bout-du-monde\/","title":{"rendered":"Bribes du bout du monde"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/julietterobert.com\/blog\/images\/afsud12.jpg\" alt=\"cape point lighthouse south africa\" \/><\/p>\n<p>d&rsquo;abord le crachin persistant qui stoppe quand on sort de la voiture, et puis direct, la sensation que peut-\u00c3\u00aatre bien on risque de s&rsquo;envoler si on fait pas trop attention. des bourrasques sal\u00c3\u00a9es plein la figure et les cheveux, on se regarde en rigolant fort pour couvrir le mugissement du vent. \u00ab\u00a0alors, on y est l\u00c3\u00a0 ?\u00a0\u00bb<br \/>\n8h et demi au Cap de Bonne Esp\u00c3\u00a9rance par un temps pourri, la meilleure garantie d&rsquo;\u00c3\u00aatre seules au bout du monde. On est parties \u00c3\u00a0 7h du Cap comme on part en aventure, comme on s&rsquo;offre une escapade interdite. Quatre gosses \u00c3\u00a9merveill\u00c3\u00a9es qui se marrent en se faisant gifler par les embruns. les nuages bas nous laissent voir pas beaucoup plus loin que les vagues et les oiseaux sur les rochers devant mais on se dit que \u00c3\u00a7a valait dr\u00c3\u00b4lement le coup de venir. \u00ab\u00a0alors, on y est quoi !\u00a0\u00bb<br \/>\nun escalier escarp\u00c3\u00a9 qu&rsquo;on monte en faisant bien gaffe toujours de pas s&rsquo;envoler, en haut sur les rochers \u00c3\u00a7a souffle, \u00c3\u00a7a siffle, \u00c3\u00a7a rafale, je suis bien, c&rsquo;est con, \u00c3\u00a0 me remplir de vent \u00c3\u00a0 pleine goul\u00c3\u00a9es, \u00c3\u00a0 pleines gorg\u00c3\u00a9es, \u00c3\u00a0 m&rsquo;en exploser les poumons.<br \/>\nDerri\u00c3\u00a8re les rochers plus loin, le phare de Cape Point, je guette sa lumi\u00c3\u00a8re qui perce le ciel fonc\u00c3\u00a9 par intermittence. derri\u00c3\u00a8re nous, des collines couvertes d&rsquo;arbustes d&rsquo;un vert si vif qu&rsquo;il fait presque mal aux yeux. On doit crier pour se faire entendre alors finalement, on dit plus grand chose mais on se regarde sourire aux l\u00c3\u00a8vres et on comprend.<br \/>\non amorce la descente mais je remonte sur une autre pointe rocheuse. si je me laisse d\u00c3\u00a9raciner l\u00c3\u00a0, si je fais pas bien attention de pas d\u00c3\u00a9ployer mes ailes <em>compl\u00c3\u00a8tement<\/em>, est-ce que j&rsquo;atterris direct en Antarctique ? Vertige imaginaire, je n&rsquo;ai pas le vertige, je n&rsquo;ai pas ce r\u00c3\u00a9flexe. Il y a un rocher qui ressemble \u00c3\u00a0 un rhinoc\u00c3\u00a9ros, la pierre est patin\u00c3\u00a9e sous l&rsquo;effet des milliers de visiteurs qui avaient envie de voir ce bout du monde. Il n&rsquo;y a rien \u00c3\u00a0 voir, c&rsquo;est le plus dr\u00c3\u00b4le. Juste \u00c3\u00a0 imaginer. Et \u00c3\u00a0 sentir le vent. Et l&rsquo;ivresse, r\u00c3\u00a9elle.<br \/>\nil a bien fallu redescendre et le crachin a repris, attaque de gouttelettes en formation serr\u00c3\u00a9e port\u00c3\u00a9es par les rafales.<br \/>\nDans la voiture soudain \u00c3\u00a0 l&rsquo;abri, tout est silencieux. La pluie fine se transforme en lourde averse quand on reprend la route. Je jette un oeil au d\u00c3\u00a9pliant du parc naturel : <em>\u00ab\u00a0Fermez les fen\u00c3\u00aatres et ne nourrissez pas les babouins, ils sont dangereux.\u00a0\u00bb <\/em><br \/>\nEt pas un mot pour dire qu&rsquo;il vaut mieux avoir du sable dans les poches si on ne veut pas \u00c3\u00aatre emport\u00c3\u00a9 par le vent, ailleurs, <em>encore plus loin<\/em>.<\/p>\n<p>[dewplayer:http:\/\/julietterobert.com\/blog\/images\/impromptuAflat.mp3]<br \/>\n<em>Schubert &#8211; Impromptu en La<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>d&rsquo;abord le crachin persistant qui stoppe quand on sort de la voiture, et puis direct, la sensation que peut-\u00c3\u00aatre bien on risque de s&rsquo;envoler si on fait pas trop attention. des bourrasques sal\u00c3\u00a9es plein la figure et les cheveux, on se regarde en rigolant fort pour couvrir le mugissement du vent. \u00ab\u00a0alors, on y est [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[60,101,102,103],"class_list":["post-1250","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-life-on-pause","tag-afrique-du-sud","tag-cest-con-le-vent","tag-cap-de-bonne-esperance","tag-to-the-lighthouse"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/julietterobert.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1250","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/julietterobert.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/julietterobert.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/julietterobert.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/julietterobert.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1250"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/julietterobert.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1250\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1788,"href":"https:\/\/julietterobert.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1250\/revisions\/1788"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/julietterobert.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1250"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/julietterobert.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1250"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/julietterobert.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1250"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}