- papé ?
- ho ?

***
un soleil glacé se repose derrière les nuages juste avant de tomber dedans et joue à baigner la colline en face de rayons flamboyants qui font vibrer les arbres de teintes oranges qu’ils portent jusqu’au bout de leurs branches. pas un souffle de vent, juste le bruit des pas dans la grande allée gravillonnée en pente douce. derrière le mur, des vignes étincelantes à flanc de côteau tracent des sillons immuables dans la terre sèche. et toujours ce rayon de soleil froid qui s’éteindra comme un dernier souffle.

c’est un temps à faire du vélo, sur les petites routes qui serpentent entre les vignes.

***
- papé ?
- ho ?
- tu pourrais me décrocher mon vélo s’il te plait ?

***
sa voix émue tremble légèrement, tandis qu’il essaie de ne pas emmêler les mots qu’il a si soigneusement préparés. sa voix émue atteint parfois des tons légèrement plus hauts qu’il ne le voudrait. et toujours pas un souffle de vent.
petite bourrade contre mon épaule droite.
- t’as froid ? me demande michaël.
- non.
j’ai le nez dans mon écharpe.
- menteuse.
il a son ton habituel, gouailleur et tendre à la fois.
je souris. vertige.

***
- papé ?
- ho ?
- tu nous fais des arcs et des flèches ?

***
je sors le nez de mon écharpe. la colline en face est redevenue grise, avec des tons éffacés, comme une photo noir et blanc recolorisée qui reste fade. plus tard, on dira peut-être qu’il était beau, ce dernier rayon de soleil qui baignait la colline comme un dernier souffle.

il fait un temps à faire du vélo et prendre la route du marais, sans doute.

***

- papé ?
- ho ?
- tu me tiens toujours, hein, tu me tiens toujours là ? sinon je tombe.
- oui, je te tiens.
- papé ?
- ho ?
- et là, tu me tiens encore ?

- papé ?
- ho ?
- regarde, je sais faire du vélo !!

et bien…puisque les héritages sont devenus des notions désuètes and obsolètes, et que j’ai quand même besoin de matériel, je propose qu’on en revienne au mécénat.

pour les mécènes modernes, j’ai un compte paypal.

merci d’avance.

:D

version officielle :
“en attendant la neige : impromptu en pas là majeur
c’est une histoire sans paroles et sans fin sans début non plus
d’ailleurs peut etre que ça a juste commencé comme ça dans un souffle
d’air venu d’on ne sait trop où…ou alors c’était dans ses gestes
quand elle se levait et ce n’était ni un début ni une fin. alors ? alors
on se disait qu’il fallait sans doute attendre de voir la neige tomber.”

version director’s uncut :
“en attendant la neige : impromptu en pas là majeur
c’est une histoire sans paroles et sans fin sans début non plus
d’ailleurs peut etre que ça a juste commencé comme ça dans un souffle
d’air venu d’on ne sait trop où, dans un léger tourbillon floconneux,
dans un silence apaisant de fin du monde et de début de rien.
ou alors, c’était dans ses gestes quand elle se levait, quand elle
jouait à placer ses pas dans mes empreintes et quand elle s’arretait
de respirer pour une seconde de répit, et mine de rien, ce n’était ni
un début ni une fin. alors ? alors on se disait qu’il fallait sans doute
attendre. simplement attendre de voir la neige tomber. ”

le truc, c’est que j’avais pas assez de photos pour ce texte là. la suite en images quand j’aurai plus de trains à prendre.

trop speed pour écrire,
trop stressée pour penser,
trop angoissée pour voir demain,
trop en colère contre tout et rien
trop fatiguée pour profiter de mon temps,
trop frustrée par des heures écoulées à faire des trucs stupides…

i think i’m just going to shut up.

let’s start tonight…

[edit 3.51am] et c’était juste avant que j’apprenne la mort de mon grand père. sans dec’, puisque toute ma famille décide de clamser en hiver, on pourrait pas foutre noel en été, histoire de rigoler un peu ?[/end edit]

…merry dinde and joyeux barbu everybody.

:D