j’ai du me carboniser des neurones. me liquéfier les pensées. je sais pas si c’est le week-end dernier, arrosé de bières et de vin blanc. je sais pas si c’est la fumée de mes clopes qui m’est montée au cerveau et qui a tout enfumé. je sais pas si c’est trop de musique et trop fort et depuis trop longtemps mais dont je peux pas me passer. je sais pas si c’est l’éblouissement incessant de spots lumineux amplifiés par mes objectifs. je sais pas si c’est l’hyperoxygénation de mes vacances loin dans les montagnes. (à quoi tu rêves comme ça ? mais pourquoi tu rêves comme ça ??) je sais pas si c’est les migraines qui reviennent. je sais pas si c’est tout ce que je veux et tout ce dont j’ai envie. je sais pas si c’est les doutes qui me pompent l’air à force de me prendre à la gorge. (mais qu’est-ce que tu me fais chier ? t’as rien inventé !) je sais pas si c’est les listes et les cahiers entiers remplis de mots gribouillés pour garder la trace de tout ce que j’ai à faire pour payer mon loyer. je sais pas si c’est les insomnies plus longues et plus remplies où je m’endors juste parce que le corps lâche alors qu’à l’intérieur ça gambade, ça murmure, ça cogite et ça rabache. je sais pas si c’est mon chat, ce paquet de nerfs complètement barjo. je sais pas si c’est les 15h par jour passées devant mes écrans d’ordi. je sais pas si c’est ce flou permanent devant mes yeux qui rend le monde irréel et les gens aliens. (putain mais c’est quand, c’est quand ??) je sais pas si c’est ma propre connerie bien perchée qui me fait marrer malgré tout. je sais pas si c’est les mondes que j’entrevois, les dimensions parallèles qui frémissent au bout de mes doigts. je sais pas si c’est ce rythme de con à pas pouvoir bosser pour moi. je sais pas si c’est les frustrations qui sont bien remontées et qui grillent tout sur leur passage. (regarde moi, non me regarde pas) je sais pas si c’est la pleine lune et pluton dans le sextile d’orion et le grand cafard cosmique qui bouffe le petit scorpion. je sais pas si c’est ce déphasage perpetuel. je sais pas si c’est toutes les images à venir, les noirs et blancs qui se marient et font des gosses en 30×40 pour tapisser l’arrière de mon cerveau. je sais pas si c’est crever d’envie de voir la nuit arriver et jamais vouloir aller me coucher. je sais pas si c’est lutter contre tous les autres moi-mêmes. (oh but wake up fucker !)je sais pas si c’est que tout et rien est important, que je me fous de rien et de tout, que tout et rien est grave. je sais pas si c’est le temps qui passe trop loin ou tout le reste qui fuit trop vite.
bon j’en sais trop rien en fait. si c’est ça ou autre chose. j’en sais trop rien.
je vais remettre le cd d’adrienne pauly. on verra bien.

