…voire vaguement parano, amusons-nous deux minutes

dans le temps, quand j’étais jeune, genre l’année dernière, la carte d’identité était un bout de plastique, dite optique avec un code que d’ailleurs jamais personne ne vérifiait quand on contrôlait mon identité quand je faisais des chèques.
maintenant, c’est de la balle, la puce dans ma carte est lisible à distance, si si, mais bon, comme je suis super naïve confiante de nature, je ne peux même pas envisager qu’on contrôle mon identité à mon insu, genre si je vais à une manif ou un truc du genre. oké, j’ai aucun moyen de vérifier mais bon qui donc pourrait s’amuser à ça ?

aussi, avant, il n’y avait que ma photo et d’autres infos toutes bêtes. en plus, c’était vérifié avec des pièces d’état civil, tout ça, ça paraissait suffisant mais bon, p’tet que ça l’était pas hein.
maintenant, c’est hyper bien, il y a aussi mes empreintes digitales et une photo hyper moche faite avec des critères hyper stricts, ce qui fait qu’il est possible de vectoriser les traits du visage, comme pour les criminels, c’est un truc à vous donner le frisson de l’aventure ça, on peut tous s’imaginer qu’on est dans prison break, c’est marrant.
je me demande quand ils vont ajouter l’empreinte rétinienne et l’adn, il parait que ça va pas tarder. il parait aussi que c’est totalement infaillible et infalsifiable mais bon, ils disaient ça aussi de la précédente, faut croire qu’elle l’était pas s’il a fallu en changer.

ah oué, un autre truc, avant il n’y avait qu’un fichier des cartes d’identités, avec les versions papier comprenant une empreinte digitale. je me suis toujours demandée à quoi ça servait, il parait que ça n’était utilisé que s’il y avait un soupçon de falsification ou d’usurpation d’identité.
maintenant, toutes les données sont regroupées dans un gros fichier, toutes les bases de données contenant les infos ont été centralisées. apparemment, c’est pour la sécurité. c’est un peu comme recueillir l’adn pour le moindre petit délit, c’est hyper rassurant je trouve. bon, il parait que plus un fichier contient de données, plus la probabilité d’erreur d’identification est élevée et que les empreintes digitales ne sont pas infaillibles, mais bon, ils savent ce qu’ils font non ?

en plus maintenant, il y a ma signature électronique dans ma carte d’identité, c’est vachement bien, c’est hyper utile. parfois, j’ai un peu peur que des entreprises commerciales avec lesquelles je m’en sers aient accès à d’autres données intimes et soient un peu malhonnêtes mais après je me réveille et c’était qu’un mauvais rêve : les entreprises commerciales y ont bien accès mais elles sont honnêtes.

lire la suite »

c’est pas pour être totalement parano ni rien, mais après être tombée tout à l’heure sur cette vidéo (un extrait d’une émission d’itele), et avoir lu quelques articles, je me pose à mon tour de sérieuses questions sur le vote électronique… (ça et la suspicion autour des dernières élections américaines)
un informaticien hollandais y démontre très succintement que les puces peuvent être remplacées par d’autres puces reprogrammées, si les sociétés privées ayant accès à ces puces pour maintenance en avaient l’envie subite et irrépressible.

bon évidemment, ça fait un peu théorie du complot, tout ça tout ça, cela dit, il est très étonnant — pour ne pas dire choquant — qu’aucun débat public n’ait eu lieu sur le sujet.
il existerait des moyens de contrôle, notamment l’impression immédiate d’une confirmation de vote, qui serait stockée dans une urne. d’une part, ça rassurerait l’électeur, d’autre part, ça permettrait un recomptage en cas de litige. juste, pourquoi ne pas y avoir pensé avant de les mettre en service ?? évidemment, ça ne pourrait pas être mis en place pour cette élection…
deuxième solution : le contrôle par des experts indépendants. je ne suis pas parano au point de penser qu’ils puissent être corruptibles voire corrompus, mais bon, ça revient encore une fois à laisser encore un truc aux mains d’experts alors que chacun peut participer au dépouillement de bulletins papiers.
apparemment, il n’y aurait pas assez de bénévoles pour dépouiller les bulletins et ce sont des employés municipaux payés en heures sup’ qui s’en chargent, d’où l’attrait évident des machines en terme de coûts, ce qui fait au moins un truc sur lequel on peut agir.

anyway… un article du Monde explique pas mal les choses et une pétition est en ligne (mais il y a également plein d’infos sur le site)

et ça picote un peu, toujours, les tiraillements reviennent. bon c’est une bonne chose, ça annonce…ça annonce quoi ? une retombée sitôt que tout est refermé ? ou un exil interne prolongé, un truc parfaitement boulimique. c’est l’effet que ça me fait, je n’y peux rien, mon humeur est volatile et je papillonne d’une chose à l’autre sans cesse. sauf que. à vouloir trop engloutir on finit par ne plus rien absorber. ou si peu. mais oui mais on n’a pas le temps mon petit. on n’a pas le temps de tout croquer, de tout mâcher et puis de digérer. c’est comme ça. la boulimie reste cela dit. il faudrait que ce soit un métier, d’être boulimique de plein de trucs. un métier sans résultats, sans même de valorisation par un quelconque patron, bon, un métier sans paie on dira. un métier sans peine aussi tu me diras. voilà, un métier qui n’est pas un métier, pas de reconnaissance à rechercher inconsciemment ou non, pas de papier à rendre, de photos à pondre, pas de commandes, tu vois ?
oui mais. la boulimie de tout et rien, ça ne rapporte pas, et puis même, ça coûte cher. je ne mets plus très souvent les pieds dans les librairies d’arts, chez les disquaires à deux pas de chez moi, dans les cinémas minuscules aux retrospectives obscures, dans les antres de la littérature en VO, ni même - arrêtons le snobisme cinq minutes - dans les fnac et autres supermarchés culturels. si j’y allais, j’y passerais des journées entières dans mes périodes boulimiques, j’en ressortirais nécessairement avec une tonne de bouquins, choisis plus ou moins au pif, si un titre sonne bien ou si la couv’ me plait ou si un artiste que j’aime en a parlé ou si le fig’mag’ est en pâmoison , j’ai griffoné le nom de l’auteur dans mon moleskine pour une raison X ou Y. pareil au rayon indé des disquaires. pareil pour les bouquins de photo. j’y peux rien, ou presque. je fais des piles et puis je les diminue. et puis je refais des piles. et puis je les rediminue.
jusqu’à ce que je retombe dans un magazine culturel. et non, on n’a pas le temps mon petit. on ne peut pas tout absorber. (et oui je parle comme si ma grand-mère me parlait, justement parce qu’on n’a jamais parlé avec mes grand-mères. mais bref)
je disais quoi ? oui, pas grand chose. bon. donc on ne peut pas tout absorber, ça ne marche pas. on peut se faire absorber oui, souvent même, je trouve. ce sont des phases, des cycles incessants, un jonglage permanent. les supernovae et l’histoire de l’art, des romans et le premier album de Karen Dalton, et puis un peu de Capa et d’appareils télémétriques et les premiers lynch. et l’ébullition forcément, chaque fois que je referme un mag culturel. ça pourrait être lassant, c’est juste un peu frustrant. ça picote quoi. ce genre de boulimie c’est un peu chiant des fois. ça absorbe et ça digère. c’est presque normal si on ne me voit pas souvent, moi-même, je ne me vois plus vraiment parfois.
une fuite ? oui ça tomberait bien, ça fait deux jours que je fais des recherches sur les voiliers construits par Fife. des goélettes de dingue, des virées en méditerrannée ou du bateau-stop. mais je m’égare.
bon, en attendant, si on pouvait me dire pourquoi les journées ne font que vingt-quatre heures et puis pourquoi plus on vieillit, plus le temps s’accélère, je veux bien. c’est sans doute pas tant qu’on n’a pas le temps, c’est juste qu’on se ficelle à des trucs sans importance et puis qu’en plus, on se fait des noeuds et que c’est chiant de devoir faire des choix, des fois.

- Avril Lavigne beuverie
- personne qui donne vibro gratuit

pouf pouf
vala, c’était juste pour détendre l’atmosphère.

maintenant, vous pouvez aller lire le dernier post de Maître Eolas sur les peines plancher pour les récidivistes, au programme du petit Nicolas.

“Christian Estrosi, ministre délégué à l’aménagement du territoire, qui remplaçait Nicolas Sarkozy lors de la signature de l’accord avec les ministres européens de l’intérieur, avait de son côté surpris ses collègues en déclarant que les citoyens seraient mieux protégés si leurs données ADN étaient recueillies dès leur naissance.”

pioché par

(et aussi des trucs et puis genre ici)

donc bon, soyons sérieux et avisés une minute, quelques suggestions pour parachever ça, moi ça me parait un peu léger comme mesure :

- demander à tous les citoyens de venir pointer dans le commissariat de leur ville de résidence une fois par semaine, c’est plus prudent, après les gens bougent et tout et c’est pas pratique pour les protéger et arrêter tous les dangereux délinquants en puissance que la plupart d’entre eux sont.
- découvrir un gène de la délinquance ou en inventer un et pis arrêter préventivement tous les porteurs de ce gène, on n’est jamais trop prudent. oui, même les gosses. tu crois sérieusement que c’est des anges, les morveux ?
- et puis ceux qui sont pas porteurs, ben dépistons-les obligatoirement pour d’autres trucs qu’on n’aurait pas encore trouvé. genre le gène du gauchisme et de l’anarchie. ça permettra toujours de les surveiller, ces bandes de zazous.
- aussi, tant qu’à foutre du fric en l’air en dépistage et prélévements, passons tous les grands lieux publics au peigne fin, et puis les bureaux aussi, comme ça, régulièrement, genre on sait jamais, si quelqu’un grugeait une file d’attente au musée du louvre subrepticement, on irait direct l’arrêter chez lui, oué. comment ça j’ai trop vu Gattaca ?
oui, on pourrait aussi passer Belleville au peigne fin, je suis sûre que ça rendrait les arrestations encore plus pratiques que les contrôles d’identité à vue de nez devant les écoles.
comment ça j’exagère ? non mais faut savoir ce qu’on veut, tu crois qu’on est là pour rigoler ?

(et puis demain, si voul’voulez bien, je vous parlerai culture, mais en attendant, c’est sympa d’aller voir par : il y a des vrais morceaux de programme dedans, avec des trucs bizarres du genre « Fixons des obligations de résultat aux établissements culturels en matière de mécénat. » (et demain, on cote les musées et les théatres en bourse, oué, et là on aura une culture super compétitive, hin hin hin))