j’aurais voulu te dire qu’on n’avait rien du tout, qu’on croyait plus que rien c’est toujours mieux qu’un tiens, alors oui tu l’auras, ma réddition, compte jusqu’à trois, je disparaîtrai je le promets, si tu l’exiges, si tu m’affliges ta volonté, tu m’avais pourtant appris le désir et inculté foi en toi, je n’y crois plus, tu n’y penses pas, je voulais te pardonner, vraiment je le voulais, je n’ai pas pu, jauge mon échec et qu’on n’en parle plus puisque déjà on ne se parle pas, j’aurais voulu te demander pardon, vraiment j’aurais voulu, je ne peux pas, juge ta deception et qu’on n’y pense plus puisque de toute façon on ne se pansera pas.

- victor gaspard, vous êtes un photographe de pointe ; parlez nous de votre travail.
- et bien, en deux mots, mon propos est d’immortaliser l’instant dans la durée en contextant constamment mes approches dans leur structure de base, bref, en mettant le plus de signifiant possible dans le signifié.
- à l’aide d’un appareil ?
- mmouiiiiiiiiii…enfin ça c’est accessoire…
- bon mais pratiquement vous faites quoi ?
- je fais faire dix tirages, je les numérote, je les signe et je détruis les négatifs. ensuite j’expose et je vends. cher.
- n’est-ce pas un peu paradoxal dans la mesure où la photo est justement une technique de reproduction illimitée ?
- AAAARRRGH ! retirez immédiatement ce mot obscène !!
- je disais, n’est-ce pas un peu paradoxal dans la mesure où la photo est justement un ART de reproduction ?
- c’est ça ! alors il faudrait que mes beaux fantasmes se vendent par liasses comme si j’étais un photographe du commun ! je ne vois pas pourquoi n’importe quel ringard de banlieue pourrait s’offrir mes visions créatrices pour des haricots alors qu’il y a des gens qui ont du pognon à foutre dans l’art.
- vous venez en effet d’acquérir un manoir en dordogne et une rolls de 1935 carossée en vélo…
- oui mmmmh, l’essentiel de me démarche est de montrer que l’art n’est plus un art de classe mais que chaque individu peut et doit s’exprimer.
- je ne vois pas le rapport.
- moi non plus, mais celle là il faut toujours la placer. bon c’est pas que je m’ennuie mais j’ai quelques négatifs à brûler d’urgence.
- merci victor gaspard.

claire bretécher - les frustrés. (evidemment, j’allais quand même pas inventer un truc aussi bon, ceci dit j’aurais bien aimé)

elle m’a dit que j’avais l’air triste. à peine elle m’avait vue pour la première fois, quand j’ai ouvert la porte, elle s’est dit que j’avais l’air triste, le regard triste. elle me l’a dit le lendemain. elle avait déjà pas mal entendu parler de moi, elle avait vu des photos de moi quand j’étais gosse.
elle m’a dit qu’à 24 ans, c’était dommage d’être aussi triste.
elle m’a dit que peut-être j’avais besoin de pardonner.
elle m’a dit que peut-être il faudrait que je lâche prise.
elle m’a dit que peut-être je devrais m’autoriser à réussir.
c’est un peu bizarre, je crois que je me sens mieux depuis que je l’ai vue.

*ma frangine regardant tigan :
- elle est vachement belle ta chatte !
moi :
- huh…tigan, dis merci…
- non mais c’est vrai, elle a le poil ras et court comme toi.
- mais bien sûr…

*moi en arrivant chez mes parents et voulant installer tigan :
- dites les garçons, vous me dites où elle est la litière ?
- t’sais -ju, tu peux te servir des toilettes…
- arf.

*mes frères dès mon arrivée à la gare :
- bon, on t’a fait un emploi du temps : 6h, réveil, 6h30, p’tit dej, jusqu’à midi, on regarde des films et on écoute de la musique, 12h, pause dèj, café, aprèm, on fait un tour en ville et à la fnac, 6h, thé + épisodes des simpsons, 7h diner, 7h30, film, 9h30, dodo…

…bon ben 18h18, l’est l’heure des simpsons…

ça fait des jours et des jours et même des semaines que j’ai pas d’inspiration pour écrire des trucs un peu inspirés voire expirés, et puis je me disais, les vacances, tout ça, plus d’images à livrer, plus de photoshop à ouvrir first thing in the morning, tout ça depuis hier aprem, je pensais que j’allais avoir la sérénité d’écrire un truc super édifiant sur genre comment ça va être bien de partir, comment il me tarde d’aller dans le pays basque, et puis là, tigan a encore glissé sa boulette de papier fétiche sous le fridge et j’ai perdu le fil de mes pensées.

ça fait des jours et des jours et même des semaines que je sais pas trop comment je me sens, crevée, je dis souvent, c’est plus facile de dire crevée que complètement déphasée, l’impression de même pas tout réaliser, comme si je prenais tout ce qui m’arrive, tout ce que je fais, et que je le mettais de côté un peu, en me disant que je comprendrai plus tard. il y a des trucs cons comme le fait de pas avoir de sous au moment de noël, des trucs chouettes comme des bonnes soirées avec des amis, des trucs biens comme avoir des idées pour janvier, des trucs cools comme tigan, des trucs passionnants comme mon job, des trucs flippants comme mon job, des trucs attristants si je me retourne un peu pour voir en arrière tout ce que j’ai laissé en route, comme si j’avais échangé ce qui me pesait contre ce dont j’ai besoin, il reste toujours un peu du poids que j’avais que j’équilibre différemment, je jongle un peu, j’aimerai bien ne pas avoir de petits pincements de remords, me dire que j’ai fait ce qu’il fallait faire, il y a des moments où ça poursuit un peu, que même s’il n’y aura pas de retour en arrière, des fois ce qui est perdu veut se faire retrouver, malgré les risques évidents, malgré le fait de savoir d’expérience qu’à force de jouer avec le feu, on finit par se cramer sévère.

je ne sais plus pourquoi j’écris ça, ni d’où je suis partie, je crois que je vais mettre pinback à fond et faire le ménage, je crois que je vais me vider la tête pendant quinze jours, jusqu’à ce que je ne me rappelle plus très bien comment c’est paris, peut-être qu’en rentrant tout se sera mis en place, je me sens bien mais à l’extérieur de moi-même, j’aimerais bien retrouver les codes d’accès pour y rentrer, d’autres les ont déjà cherchés en vain, mais quinze jours c’est tout ce dont j’ai besoin…

bonnes vacances à vous aussi les gens…

soundtrack : the electric soft parade - lose yr frown