…je jouerai du piano,
j’aurai des longues mains fines et musclées aux doigts carrés, aux ongles courts, légèrement vernis,
je laisserai des taches de lumière bleue atterir sur mes lèvres aux tons carmins et la pointe de ma langue,
je boirai de l’eau à la bouteille en ayant l’air de vouloir engloutir tout son contenu en une seule gorgée,
j’aurai parfois une fine goutte de sueur qui prendra naissance à la racine de mes cheveux et descendra lentement le long de ma gorge et de cette veine qui pulse quand je chante, avant de s’évanouir,
je me trémousserai sur le tabouret de mon piano, d’une manière que ma grand-mère - celle qui aurait pu être pianiste et cantatrice - aurait trouvée indécente en public,
j’aurai l’air de trouver mes notes sur le clavier comme par un délicieux hasard,
je plaquerai des accords sauvages, du plat de la main, ou alors, je laisserai mes doigts presser tendrement les touches, à la volée,
je chanterai comme on crie, comme on pleure, ou comme on rit, et parfois même tout en même temps,
et, je ne me raserai pas sous les bras, (détail important)
en fait, voilà, quand j’serai grande, je serai la chanteuse des Dresden Dolls.
:D
(je l’savais, j’aurai jamais dû arrêter le piano)
(moi, m’emballer ? jamais, j’ai arrêté hier)

