5/7/2008

[9:05 am] “while you were sleeping”

Belgrade - 07-05

café rapide sur la terrasse de notre auberge, avant de partir faire des photos dans le centre-ville, de racheter des films n&b et de revenir boucler mon sac. notre bus part à midi pour Pristina, apparemment, la guest house qu’on a réservée là-bas n’est pas vraiment ce qu’on nous en avait dit par téléphone. en même temps, il fallait sans doute s’y attendre. on partira pour Mitrovica demain, le temps de checker les hôtels et de voir quelques contacts à Pristina. Amélie et David finissent un article, Ariane et Delphine préparent leur planning pour la suite à Belgrade. je finirai sans doute ma nuit dans le bus. ou pas, si je continue à mitrailler comme je le fais : 9 films en 5 jours, pas trop mal comme moyenne pour des photos juste de la ville.



-ju

[1:53 am] “i can’t find my way home”

Belgrade - 06-05

ce lundi est bizarre, plein d’attentes au final. on essaie de se rendre au meeting politique de boris tadic, mais il est apparemment repoussé à mercredi. stéphane et moi passons un bout d’aprem avec sander, un étudiant en journalisme néérlandais, qui crêche dans notre auberge. Il reste à Belgrade jusqu’aux elections puis partira pour pristina et mitrovica. on échange nos contacts sur place, on parle beaucoup de nos plans, de nos envies, de journalisme. on lui raconte le premier meeting de samedi. stéphane et leïla se préparent à partir pour pristina puis prizren.
vers 7 heures, la collègue de mon père nous rejoint à l’auberge pour nous rencontrer. si l’expression “le rire est la politesse du desespoir” a été inventée pour quelqu’un, je me dis que ça doit être pour elle. on discute pendant un bon moment, elle me frappe par son humour noir. un couple d’instits américains en hongrie nous écoute d’une oreille pendant qu’on parle de politique internationale ou de nos système éducatifs respectifs. elle se marre quand on lui parle de sarko évidemment, on écoute attentivement son opinion sur le kosovo et la politique. comme chez beaucoup de belgradois qu’on a rencontré, le désabusement est assumé.
le soir, on squatte la salle commune qu’on transforme un peu malgré nous en newsroom, avec tous nos ordis, calepins ouverts et téléphones un peu partout. on ne sort pas finalement, même pour une bière, sans doute trop fatigués…

Stéphane et Leïla nous quittent tôt ce matin, c’est spé de leur dire au-revoir. on va se recroiser à mitrovica de toute façon mais d’ici là, on aura tous vécus nos propres aventures. en début d’aprem, amélie et moi filons rencontrer un activiste gay, on discute pendant deux bonnes heures dans une petite chambre d’appartement. toutes nos rencontres sont passionnantes, j’ai du mal et pas le temps de l’écrire bien, de rendre justice à tout ça, à tout ces trucs qu’on partage tout d’un coup avec tous ces gens, mais je me sens incroyablement bien au milieu de tout ça, tout est naturel et sans chichis. et extraordinairement interessant, bien sûr.

on se perd un peu en allant acheter nos billets de bus pour Pristina, mais en chemin, on voit remonter des petites rues, des grappes de militants du parti nationaliste de nikolic se rendant à son meeting. aucun bien sûr ne nous dit parler anglais, mais ils jouent tous le jeu quand je les prends en photo.
le meeting commence sous la pluie, on se réfugie dans un grand café avec vue plongeante sur la foule et tous les drapeaux. on y croise une jeune journaliste française mais sa condescendance nous débecte. puis on redescend faire interviews et photos. pour une fois, depuis le début de ce trip, je crois que je suis vraiment contente de ce que je fais, je ne suis pas sûre que l’atmosphère pesante limite étouffante s’y prête cela dit, c’est étrange quelque part. la foule se disperse très vite et un quart d’heure après la fin du meeting, l’ambiance est redevenue normale. on échange tous nos impressions. Sander et moi prétendons être australiens pour nos photos de militants un peu flippants. les autres n’ont aucun mal à interviewer en anglais ou français plein de sympathisants.
on finit par partir pour notre dernière soirée presque tous ensemble, directions les berges de la Sava et les péniches-bars. on galère pour trouver la bonne station de bus, puis pour trouver la voie sur berge, entre seringues et pêcheurs. tout est fermé : apparemment, les belgradois ne sortent qu’à partir du jeudi, par contre, ça doit être super chouette en été ou pendant le week-end. la soirée se transforme en fiasco jusqu’à ce qu’on finisse par dénicher un des plus vieux restos de Belgrade dans une batisse au coeur du centre-ville. cadre vieillot et cossu, il parait que ce resto a accueilli toute l’élite politique, intellectuelle et même dissidente des années Tito. on reste là un bon moment à refaire le monde, avec bière et cabernet serbe, et comme partout ailleurs, plats excellents et complètement abordables.

je passe sur plein de trucs, nos blagues pourries, nos surnoms, notre fatigue, les trucs qu’on voit partout, nos “hey, t’as vu ça ?”, nos reflexions sur belgrade qui nous plait à tous énormément, notre enthousiasme mêlé d’une pointe d’appréhension quant à la suite du trip. c’est quand on commence à peine à se familiariser avec la ville qu’on doit la quitter, à regret, même si on y repassera brièvement avant de revenir à Paris. on s’est dit plein de fois en déconnant qu’on ne voulait plus rentrer, je ne crois pas qu’on déconnait tant que ça. je n’ai pas le temps de me poser ou d’être vraiment seule et quand je le suis, je suis juste trop crevée pour mettre tout ça un peu en ordre. on est déjà le 7, plus que 10 jours. j’ai tellement pas hâte de rentrer…



-ju

5/5/2008

[11:49 am] “your heart beats quick and strong”

Belgrade 05-05

mon dimanche matin bouffé par une grasse mat’, je me mets au boulot pour trier mes premières photos, numéroter mes films. le temps est moche donc on bosse studieusement à nos dérushages respectifs. en fin d’aprem, on bouge enfin avec stéphane, amélie et ariane pour prendre l’air au Kalemegdan, un grand parc au nord de la ville. on se prend une jolie saucée mais la lumière et le vieux fort sont beaux. et je me rends compte que ces crétins chez Mx2 m’ont livré des 24 poses au lieu des 36 commandés. il va falloir que je trouve une boutique photo ici avant de quitter Belgrade, juste au cas où…
dans le trolleybus, on fait connaissance avec une étudiante qui nous propose de la retrouver le soir même pour nous montrer des bars. elle nous rejoint à l’association des globes-trotters, un bar en sous-sol d’un immeuble du centre, introuvable sans adresse. déco très intimiste et confortable et prix pour bobos belgradois, on passe quelques heures à assaillir notre étudiante de questions sur tout. elle endure notre feu roulant en rigolant dans un anglais un peu approximatif mais on apprend des tonnes de trucs. quand on lui dit qu’on se prépare à partir au Kosovo, elle nous sort un “why would you want to go there ??!” très surpris, ce qui nous conforte dans l’idée qu’on risque de galérer. enfin au moins une partie d’entre nous.

on rentre après ça un peu après minuit, grosse journée aujourd’hui et réu qui commence avec le premier café : meetings politiques, rendez-vous et questions à nos contacts, d’autres rédactions à joindre…. le temps est toujours couvert, à une semaine des élections, finies les vadrouilles touristiques, le vrai travail et la vraie course commencent aujourd’hui.



-ju
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